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Le matériel doit comprendre tout ce qu'il faut pour récolter les lépidoptères à tous leurs stades - et les rapporter, en bon état, soit morts, soit vivants, suivant qu'ils sont destinés à être mis en collection ou réservés pour l'étude, la ponte, etc. Chacun peut l'organiser à sa guise, en tenant compte, toutefois, qu'il doit comporter au moins les instru-ments suivants: un filet, un flacon à tuer ou à anesthésier, des papillotes et la boite pour ranger celles-ci, une boîte pour piquer les papillons non mis en papillotes, un assortiment d’épingles insectes, des tubes en verre et, si on désire pratiquer des élevages, une ou plusieurs bottes pour les chenilles et les œufs.

Filet
Il se compose essentiellement d'un cercle rigide portant une poche de gaze ou de tulle, et d'un manche. Il en existe plusieurs modèles le plus pratique est démontable et se compose d'un cercle divisé en deux parties articulées, fixé au manche par une douille à écrou et sur lequel la poche se monte par une coulisse en tissu fort Le cercle a environ 33 centimètres de diamètre, la poche une longueur égale à deux fois et demie au moins le diamètre du cercle, son bord supérieur est convexe et son fond arrondi pour éviter que les insectes s'y coincent et s'y abîment. Le manche, en bambou, se fait en un, deux ou trois morceaux qu'on assemble au moyen de douilles. L'ensemble est léger, solide et résistant.

Flacon de chasse
Le modèle le plus employé est un flacon à large goulot dans le fond duquel on a coule' un mélange de plâtre et de cyanure de potassium. C'est la meilleure préparation pour tuer rapidement, sans les faire souffrir, la plupart des papillons. On peut remplacer ce plâtre cyanure par un tampon d'ouate contenu dans un tube enfoncé au centre du bouchon, sur lequel on verse, suivant les besoins, quelques gouttes de chloroforme Où d'éther acétique. Ce procédé convient pour les espèces qui résistent trop longtemps aux vapeurs du cyanure de potassium, t elles que les Zygènes, mais il faut avoir soin de ne mettre qu'assez peu de liquide pour qu'il ne s'épande pas et mouille les ailes d papillons. On doit d'ailleurs faire toujours très attention à ce que l'intérieur du flacon reste bien sec. Si des traces humides y apparaissent, il faut les essuyer aussitôt.
Le flacon à tuer sert à prendre, dans le fond du filet, les insectes qu'on y a emprisonnés. Il permet aussi de capturer directement, sans laide du filet, les papillons au repos ou occupés à butiner. Dans ce cas, on en coiffe rapidement les individus visés et, dès qu'ils sont entres, on bouche le flacon, ou bien, Si leur position ne permet pas cette manœuvre, on attend qu'ils soient étourdis et tombent d'eux-mêmes au fond.
On ne doit pas mettre trop de papillons ensemble dans le flacon ils s'y abîment rapidement en se frottant. On ne doit pas non plus les sortir prématurément, Si ce n'est pour les placer jusqu'à mort certaine - dans un autre flacon d'attente.

Papillotes
Ce sont des pochettes de papier, ni trop fort ni trop mou, de préférence bien lisse, qu'on obtient en inscrivant un carré dans un rectangle - par un pli suivant la diagonale du carré - et en rabattant les côtés libres de manière à faire fermeture sur les deux petits côtés du triangle ainsi formé.
Les papillons qu'on place dans les papillotes doivent avoir les ailes relevées, attitude normale des Rhopalocères, mais qu'on ne peut donner qu'à une partie des Hétérocères. La grande majorité de ceux-ci doit être piquée et mise en boîte sur place.
Il est nécessaire d'avoir des papillotes préparées a l'avance et de tailles diverses, correspondant chacune à la moyenne des espèces qu'on aura a y placer et qui ne doivent s'y trouver ni trop au large, ni encore moins trop a l'étroit, mais bien à l'aise.
Les papillotes peuvent être emmagasinées dans un bocal de grande dimension, pour parachever l'œuvre du flacon à tuer. Dans ce but, il est pourvu d'un fond de plâtre cyanuré, ou d'un tube à chloroforme un éther acétique. Mais cet instrument est encombrant et fragile et il suffit de placer les papillotes a plat, en les disposant régulièrement, dans une boîte quelconque, de préférence en bois (les bottes à cigares sont excellentes pour cet usage), dans lesquelles on peut mettre soit un tampon de chloroforme, soit une forte pincée de paradichlorobenzène.
Les papillons secs, soigneusement arrangés en papillotes dans de bonnes boites garnies de naphtaline et bien closes, peuvent s'y conserver des années et supporter les plus longs voyages sans le moindre dommage.

Epingles
Les épingles a insectes sont fabriquées spécialement en divers alliages. Les unes, à base de cuivre et de nickel, ne rouillent pas mais s'oxydent et manquent de raideur; les autres à base d'acier, ont assez raides mais doivent être protégées contre la rouille par un vernis. La longueur standard est de 39 mm. environ. Il existe une série de grosseurs échelonnées du numéro 000 aux numéros ou Il. Les meilleures épingles a insectes, a la lois rigides et à pointe très fine, sont celles dites de " Carlsbad ", vernies noires et à tête dorée.

Boite à piquer
Souvent appelée " boîte de chasse ", la boîte à piquer est destinée à recevoir CE qui ne peut pas être mis en papillotes sur le terrain. Il est un modèle classique, en tôle étamée et vernie, avec fond de liège, solide et pratique, mais n'importe quelle boîte peut faire l'affaire, pourvu qu'elle soit assez résistante, à fond tendre, et assez haute pour que les ailes des papillons ne s'abîment pas en touchant le couvercle. Elle doit contenir une réserve d ' épingle a insectes de divers numéros.

Tubes
On se sert de tubes en verre, courts et de moyen diamètre, princi-palement pour rapporter les Microlépidoptères qu'il vaut mieux tuer au moment de les préparer Des calibres divers permettent aussi de rapporter vivants des spécimens qu'en désire étudier, ou des femelles dont on veut obtenir la ponte, ou bien encore des chenilles de petite dimension, ou même des pontes que le hasard des chasses fait rencon-trer dans la nature. En somme, tout ce qui n'est pas justiciable du flacon à tuer. Pour les très petites espèces et même beaucoup de moyennes, le bouchage toujours au liège) peut être hermétique. Si l'on a affaire à des animaux (chenilles principalement) de taille relativement forte, il est indispensable d'entailler légèrement le bouchon pour éviter l'asphyxie.
Les tubes s'emmagasinent dans des boîtes quelconques; il faut les tenir à l'abri de la lumière, de la grande chaleur et des chocs.

Boites à chenilles
On trouve dans le commerce des modèles spéciaux, bien étudiés et bien construits. Ce sont des boîtes ovales, avec des surfaces percées de petits trous et un volet s'ouvrant sur un tube intérieur permettant d'introduire les chenilles sans risquer de les pincer. A défaut de ce modèle, on peu utiliser la boite à asticots des pécheurs, mais celle-ci oblige à enlever le couvercle à chaque introduction de chenille, provoquant ainsi
le risque constamment renouvelé - de laisser tomber ou échapper des individus déjà capturés, ou d'en mutiler en replaçant le couvercle.
La boite à chenilles doit toujours contenir quelques brindilles de bois ou de fortes tiges d'herbes, solidement calées, pou? que les chenilles puissent s'y accrocher. Il faut aussi placer dans la boîte quelques feuilles des plantes nourricières des chenilles. Celles-ci ne doivent séjourner que peu de temps dans la boite et être placées le plus tôt possible dans les cages d'élevage, pour éviter qu'elles se salissent ou soient mouillées par l'humidité de condensation, ou encore qu'elles se blessent entre elles, toutes causes qui conduisent à des échecs dans les élevages.

Boite Newman
Mentionnons simplement ici cette boîte, dont le fond est garni d'une préparation permettant de garder frais pendant un temps assez long et sans qu'ils moisissent, les papillons qu'on y place piqués ou en papillotes Ce n'est pas un accessoire indispensable.

Cages d'élevage
L'élevage des chenilles s'effectue dans des récipients adaptés à leur taille, à leur nombre et à leurs exigences particulières. On doit savoir qu'il est toujours nuisible de mettre un trop grand nombre de chenilles ensemble. Elles se gênent où même se mangent entre elles. Il faut qu'elles soient a. l'aise dans leur prison, y compris la nourriture que celle-ci contient.
S'il s'agit de grandes espèces, des cages tout en toile métallique, dans le genre des garde-manger du commerce, conviennent parfaitement.
Pour les espèces moyennes, les cages les plus pratiques sont celles en bois ou en zinc, ayant de 10 à 15 centimètres de côté sur 25 à 30 centi-mètres de haut, et divisées en deux parties : l'une - supérieure - dans laquelle sont les chenilles l'autre - inférieure - ouverte en avant, où se place un flacon dans lequel trempe la lige. ou le rameau de la plante nourricière passant par un trou du plancher de la partie supérieure, de manière que les feuilles soient placées dans celle-ci. Cette partie supé-rieure peut être close, en avant, par un verre coulissant dans des rai-nures. Pour assurer une aération convenable - ni trop faible, ni trop forte - les côtés latéraux doivent avoir chacun une ouverture d'envi-ron I centimètre de diamètre, obturée avec de la toile métallique fine.
Le pot à fleur, garni de terre et contenant la plante nourricière, peut aussi très bien servir de cage d'élevage pour beaucoup d'espèces à chenilles terricoles. On le couvre d'un cylindre de mousseline ou de toile métallique maintenu par une armature de fil de fer, ou d'un couvre-plat. De même, le cylindre de mousseline ou de toile métallique, enfilé sur la tige ou un rameau de la plante nourricière, en place dans la nature, permet de réussir certaines éducations difficiles, mais, dans ce cas, les chrysalides doivent être enlevées à temps et transportées dans un éclosoir.
Les petites espèces s'élèvent commodément dans des tubes de verre, de diamètre convenable, obturés à chaque bout par un linge fin, bien ligaturé. Enfin, pour les minuscules chenilles des très petits Microlé-pidoptères, on peut utiliser avantageusement les boites métalliques, genre q botte à cirage >, dont la fermeture hermétique prévient les éva-sions, toujours possibles.
Quel que soit le modèle adopté, le maniement doit en être aisé. la fermeture assez exacte pour empêcher l'intrusion d parasites et la fuite des pensionnaires, et pour permettre l’introduction de la nourriture et le nettoiement.

Parapluie
Il sert à recueillir les papillons et les chenilles que l'on fait tomber en frappant, avec un bâton, les branches basse des arbres, les arbrisseaux et ]es hautes plantes herbacées, 011 en secouant les feuilles mortes. Dans le dernier cas, il peut être remplacé par une nappe.

Fauchoir
C'est un filet robuste, à poche de toile, avec lequel on , fauche
les herbes et les plantes basses. On ne l'emploie, dans la chasse aux Lépidoptères, que pour récolter des chenilles, spécialement celles qui mangent pendant la nuit.

Pinces
On utilise généralement les trois types suivants

Pinces à piquer
Fortes et courbées, avec les mors stries elles servent a saisir solidement les épingles des échantillons, frais ou
secs. On en a constamment besoin et il faut les choisir de première qualité.

Pinces fines -
Ce sont des brucelles droites, à pointes aiguës et hases, qu'on utilise pour prendre et mettre en place de petits objets ou effectuer des réparations.

Pinces de la Brulerie -
Appelées aussi "pinces de chasse", elles sont en acier poli, très souples, e permettent de manier commodément et sans risquer de les endommager les petites chenilles et les petits papillons fragiles, les chrysalides, etc.