preparation

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La préparation comprend l'ensemble des opérations destinées a donner et à conserver aux insectes une attitude commode pour l'étude de leurs caractères et a faciliter la comparaison entre espèces ou entre individus de la même espèce.
Le matériel nécessaire se compose des épingles à insectes et à tète de verre, des étaloirs, des bandes de papier, d'une aiguille montée.

Étaloirs

Il existe divers modèles de ces appareils, tous essentiellement constitués par deux planchettes en bois, parallèles. maintenues par des supports et laissant entre elles une rainure au fond de laquelle est collée une laine d'une substance tendre (liège, moelle d'agave, etc.). On les fabrique en une série de grandeurs proportionnées a la taille des papillons, des petits Micros aux plus grands Hétéroceres.
Pour compenser la tendance à l'abaissement des ailes qui se manifeste chez beaucoup de Lépidoptères desséchés, les deux planchettes de l'étaloir sont généralement un peu inclinées l'une vers l'autre. On doit veiller a ce que le bois des étaloirs ne soit ni trop dur, ni trop mou, pour qu'on puisse y piquer, sans difficulté, les épingles a tête de verre et qu'elles y tiennent bien.

Etalage

C'est le temps essentiel de la préparation, duquel dépend l'attitude que le papillon conservera. Cette attitude, universellement adoptée, est la suivante ailes bien planes et horizontales, le bord postérieur des ailes antérieures étant perpendiculaire a l'axe du corps ; les ailes postérieures ne doivent pas être trop remontées sous les antérieures, de manière à laisser voir une petite- partie de la nervure 8; les antennes bien allongées, parallèles a. la côte des ailes antérieures.

Piquer le papillon, avec une épingle à insectes d'un numéro proportionne. à sa taille, verticalement sur le milieu du mésothorax de manière a faire ressortir la peinte entre les pattes de la seconde paire, puis faire glisser le corps jusqu'à ce que la tête de l'épingle se trouve à environ 12 à 14 millimètres au-dessus du thorax. Choisir un étaloir dont la rainure devra laisser de 1 a 3 millimètres de jeu de chaque côté du corps du papillon, suivant la grosseur de celui. Enfoncer bien verticalement l'épingle du sujet à étaler dans le liège garnissant le fond de la rainure et, autant que possible, bien au milieu de celle-ci. Ajuster, ai c'est nécessaire, la hauteur du papillon sur l'épingle de façon que les ailes s'appliquent librement, bien à plat depuis leur base, sur les planchettes de l'étaloir. Avec une bande de papier, fixée en avant par une épingle à tête de verre et tenue, en arrière, de la main gauche qui l'applique sur étaloir, on abat les ailes gauches. Au moyen de l'aiguille montée, piquée sous les nervures de la côte, on fait avancer l'aile antérieure jusqu'à ce que son bord dorsal soit perpendiculaire a l'axe du corps on fait ensuite avancer l'aile postérieure, piquée sous la base de la nervure 7. On tend bien la bande de papier et on la fixe par une seconde épingle à tête de verre. Le côte droit s'étale de la même manière, en ayant bien soin de le disposer symétriquement au côté gauche.

En principe, les bandes de papier doivent être parallèles à la rainure de l'étaloir. Pour les petites espèces ou celles à structure faible, une seule bande suffit à maintenir les ailes en place, mais pour les papillons robustes ou à ailes larges, il vaut mieux en mettre deux, ou plus Si c'est nécessaire. Dans tous les cas, la surface terminale laissée libre par les bandes de maintien doit être recouverte entièrement par une bande plus large, dont le but est d'empêcher cette partie de l'aile de se retrousser en séchant. La première bande de fixation (ou de maintien) se place toujours très près de la base de l'aile.

Les antennes sont allongées et maintenues en bonne position par des épingles croisées. D'autres épingles soutiennent, par en dessous, l'abdomen qui doit être a la même hauteur que le thorax et bien en ligne avec celui-ci. Pour les grosses espèces à corps mou, on peut glisser dessous un tampon d'ouate. Si le corps du papillon a tendance à tourner sur l'épingle, ce qui arrive assez souvent, on le maintient en place par des épingles piquées de chaque côté de la base de l'abdomen.

Chaque étaloir peut recevoir autant d'individus qu'il est possible d'en placer commodément et sans qu'ils se gênent les uns les autres, à condition, toutefois, qu'ils soient à peu près de la même taille ou de la même grosseur de corps.

Les papillons doivent rester sur l'étaloir jusqu'à dessiccation complète, condition qui n'est remplie qu'après un laps de temps très variable dépendant de leur corpulence et de l'état hygrométrique de l'air. Il faut beaucoup plus longtemps par temps humide que par temps sec, et par temps froid que par temps chaud. Comme base approximative, on peut compter, en été, par temps moyennement chaud et sec, une huitaine de jours pour les Rhopalocères de taille moyenne : Piérides, Argynnes, Vanesses, et une quinzaine de jours pour les Sphingides, Saturnides, Lasiocampides, etc. Les spécimens ramollis sèchent plus vite que ceux étalés frais.

Les étaloirs garnis de papillons doivent être enfermés à l'abri de la lumière et de la poussière.
Pour les plus petits des Micro- Hétérocères, on se sert d'étaloirs spéciaux, formés par deux lames de bois de 4 à 5 millimètres d'épaissseur, collées a 1 millimètre d'écartement - sur une lame de liège. Ces minuscules insectes se piquent sur des épingles n° 000 ou, de préférence, sur des " minuties " qui sont encore plus fines. On ne laisse dépasser, en dessous du corps, que 5 à 6 mm. de l'épingle et on coupe celle-ci, au-dessus du corps, à environ 3 mm. L'étalage s'opère comme pour les grandes espèces, en écartant toutefois davantage les ailes. Lorsqu'ils sont secs, on les pique sur de petits fragments taillés de moelle de sureau, de soleil, ou de toute autre matière très tendre puis on monte celle-ci sur une épingle à insectes ordinaire.

L'enlèvement des papillons, une fois secs, s'effectue en retirant les bandes en sens inverse de celui suivi pour l'étalage.
Dés leur sortie de l'étaloir, les papillons doivent être pourvus chacun d'une étiquette indiquant le lieu de capture et la date. S'il s'agit d'individus obtenus d'élevage, On doit le mentionner en faisant précéder la date d'éclosion des deux lettre: e. 1. (ex 1arva) s'il s'agit d'individus obtenus de la chenille, ou : e. p. (ex pupa> pour ceux provenant de chrysalides trouvées dans la nature. Il est bon de mentionner la plante nourricière des spécimens élevés et l'on peut même indiquer : lumière, miellée ou appâts, pour les papillons capturés par ces moyens de chasse.

Ramollissage

On ne peut étaler que les papillons ayant des articulations souples, ce qui est le cas de ceux fraîche ment tués. Les spécimens qui ont séché en papillotes ou piqués et qui, par suite, sont raides et cassants, ou les individus mal préparés qu'on veut réétaler, doivent être ramollis, ce qu'on obtient en les plaçant, pendant quelque temps, en milieu très humide. L'accessoire utilisé dans ce but, et qu'on appelle " ramollissoir ", peut être un récipient quelconque : cristallisoir, terrine, pot à confiture, etc., d'assez grande dimension, au fond duquel on met une couche de sable fin et propre ou de grès, de 3 à 4 centimètres d'épaisseur. On mouille en évitant l'excès d'eau, c'est-à-dire qu'un trou fait dans cette couche - avec le doigt ou un crayon - ne doit pas se remplir d'eau. Les spécimens à ramollir sont piqués sur ce sable, en évitant que leur corps ou leurs ailes le touchent. S i ce sont des papillotes, on les place verticalement, côte à côte. On ferme par un couvercle joignant suffisamment pour éviter une déperdition sensible de l'humidité. Les espèces à coloration “ verte ', qui se tachent et se décolorent dans le ramollissoir ordinaire, seront placées dans un vase au fond duquel on met une couche épaisse de feuilles de Laurier-cerise coupées en petits morceaux. Cette couche sera changée tous les trois ou quatre jours.

Le séjour des insectes dans le ramollissoir varie avec la grosseur de leur corps et leur degré de siccité. Quelques heures suffisent pour beaucoup de Microlépidoptères, deux ou trois jours pour les espèces moyennes, les gros Bombycides et Sphingides demandent jusqu'à une huitaine de jours. Dans tous les cas, il est indispensable de surveiller les progrès du ramollissage, car, en laissant les papillons trop longtemps, ils durcissent à nouveau et finissent par se mouiller.

NOTE. - Pour empêcher le développement éventuel des parasites et celui - toujours menaçant en milieu humide - des moisissures, on place, sur le sable du ramollissoir, quelques cristaux de paradichlorobenzène ou d'un mélange de ce produit et de naphtaline. Tous les autres produits qui ont été préconisés par divers auteurs, tels que : phénol, acide phonique, iodoforme, formol, etc., sont à prohiber formellement parce qu'ils raidissent les insectes, les tachent ou les décolorent.

Dégraissage

Beaucoup de Lépidoptères prennent, une fois secs, un aspect huileux caractéristique, du à la transformation en acides gras des substances grasses du corps qui se fluidifient et gagnent, par osmose, toutes les parties de l'insecte. Les poils et les écailles se collent, les dessins et couleurs disparaissent dans un ensemble brunâtre ou grisâtre qui les rend méconnaissables. Cette altération, sans gravité, se traite de la manière suivante

Faire tremper le papillon dans la benzine rectifiée pendant un temps correspondant à sa grosseur (de un quart d'heure a 24 heures) le placer, dès sa sortie du liquide, sur de la terre de Sommières pulvérisée et le saupoudrer rapidement de manière a le recouvrir entièrement. Lorsqu'il est sec (de une à 12 heures), l'enlever avec soin, faire tomber le plus gros de la terre qui peut y adhérer et finir en le brossant délicatement avec un pinceau fin et assez souple.

Ce sont, principalement, les espèces a larves endophytes qui tournent au " gras " et certaines d'entre elles doivent être dégraissées plusieurs fois.

Réparations

Les papillons secs sont très fragiles et il arrive souvent que des antennes des pattes ou le corps se détachent. On recolle ces pièces très exactement a leur place - avec de la gomme laque dissoute dans l'alcool a 90° jusqu'à consistance sirupeuse, et on les maintient en place en les soutenant au moyen d'épingles.

La même gomme sert aussi a recoller les ailes, mais l'insecte, dans ce cas, doit être placé sur l'étaloir et la partie recollée maintenue par des bandes de papier. On peut réparer de même les fentes dans les ailes et replacer Les morceaux accidentellement brisés.

La gomme laque ne doit être employée qu'en très petite quantité, avec la pointe d'une aiguille. Elle demande plusieurs jours pour sécher.

0n peut aussi se servir des colles genre "Seccotine" , un peu diluées, mais seulement pour les pièces qui ne doivent pas être exposées ultérieurement a l'humidité, qui les décollerait.

Préparation des chenilles

Les chenilles peuvent être conservées en milieu humide ou a sec. Dans le premier cas, on les place dans des tubes de verre de dimension appropriée, remplis d'alcool a 70 ou 8O° auquel on ajoute quelques gouttes de glycérine. On peut aussi utiliser le formol du commerce à 40 %, ramone à 4 % par addition de 9 volumes d'eau, en y ajoutant quelques cristaux de sel marin eu un peu de sucre.

Les tubes contenant les chenilles doivent être parfaitement bouchés. Il faut les examiner souvent peur les remplir lorsqu'il s'y produit du vide par évaporation et remplacer les bouchons défectueux

La conservation a sec est plus pratique et permet de joindre, dans la collection, la chenille au papillon. La préparation s'opère par soufflage a, de la manière suivante

Tuer la chenille dans le flacon a cyanure. La vider en faisant d'abord saillir l'extrémité du gros intestin que l'on coupe à quelque distance de l'anus. par des pressions répétées, de la tête vers l'extrémité du corps, éliminer tout le contenu du corps. Lorsqu'il ne reste plus que la peau, introduire, par l'anus, une paille de grosseur convenable et la fixer par du fil sur le rudiment conservé du gros intestin.

Au moyen d'une poire en caoutchouc, prolongée par un tube souple dans lequel on fixe le bout libre de la paille, insuffler de l'air dans la peau de la chenille pour lui rendre sa forme normale, puis l'introduire au centre d'un cylindre (métallique ou en verre) chauffé, où elle doit se dessécher rapidement en gardant sa forme. Quand elle est bien sèche, on la retire et on cou p e la paille, en laissant une longueur suffisante pour pouvoir y piquer l'épingle qui permettra de la placer en collection.

Recommandations importantes. - Il ne faut pas gonfler les chenilles à bloc, ce qui les déforme complètement. La pression de l'air ne doit pas dépasser celle que produisaient les organes internes, de manière à conserver les traces des articulations segmentaires.

Le cylindre à dessiccation ne doit jamais être porté au rouge. Il doit être assez large pour qu'on puisse suivre, i l'œil, les progrès de la préparation et qu'on ne risque pas, en maniant la chenille, de heurter les parois.

Dès que la chenille est introduite dans le cylindre, il faut imprimer, sans arrêt, un mouvement alternatif de rotation a la paille pour assurer une dessiccation bien régulière partout et éviter des roussissures locales. On trouve dans le commerce des appareils a souffler les chenilles, bien étudiés et pratiques. A leur défaut, on peut utiliser n'importe quelle source de chaleur et de vieilles boîtes de conserves convenablement arrangées.

Dans les milieux liquides, les ornements dermiques : poils, soies, etc., sont mieux conserves qu'a sec, mais les couleurs, a la longue, s'altèrent et disparaissent. Le soufflage, au contraire, permet de conserver indéfiniment les couleurs, à l'exception du vert qu'aucun procédé ne fixe de façon durable.

Quelle que soit la méthode employée, les chenilles doivent être pourvues d'étiquettes de détermination et de localité, et - éventuellement- de renseignements divers nourriture, attitude, etc.

Préparation des chrysalides

Les chrysalides se conservent à sec, collées ou piquées, lorsqu'elles sont vides. Pleines. on peut les dessécher et les piquer, ou les garder, comme les chenilles, en milieu humide.

On peut procéder de même pour les œufs.