COLLECT I ON

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Elle peut être conçue de diverses manières suivant qu'on se propose d'y faire entrer l'ensemble de la faune, ou seulement celle d'une région déterminée, ou encore de la " spécialiser " en n'y comprenant qu'une ou plusieurs familles.

Son extension sera fonction du caractère qu'on lui donnera: simple rassemblement de documents statistiques, ou documentation plus poussée en vue d'études variées. Dans le premier cas, on pourra se contenter d'une ou deux paires de chaque espèce. Dans le second cas, il sera avantageux, et môme nécessaire, de constituer des " séries " de chaque espèce autant que possible de localités différentes. Il est utile de présenter un couple par la face inférieure, au moins dans les groupes où cette face porte des couleurs et des dessins variés.

Quel que soit son caractère, on ne doit y faire entrer que des échantillons correctement prépares et pourvus d'une étiquette de localité avec date. Tout exemplaire dépourvu de ces indications est sans valeur.

Matériel

Le seul matériel indispensable d'une collection est constitué par les boites destinées à contenir les papillons et à assurer leur bonne conservation. Elles doivent avoir un fond en matière assez tendre pour qu'on puisse y piquer les insectes sans difficulté, et surtout fermer aussi hermétiquement que possible. Cette condition est essentielle, car les insectes desséchés sont attaqués et détruits par des parasites qui s'introduisent dans les boîtes par les moindres défauts de la fermeture. Elles doivent être solides et assez légères pour être maniées commodément. On en fabrique tout en bois (ce sont des tiroirs), et en cartonnage renforcé de bois avec couvercle vitré ou non. 1,es dimensions classiques sont les suivantes: 50x40 cm., 39x26 cm., 26xl9 cm. Toutes sont assez profondes pour que les épingles des insectes piqués ne touchent pas le couvercle.

Pour les Lépidoptères de notre faune, on se sert couramment de la boite en cartonnage 39 x 26, a fond de liège aggloméré et couvercle vitré.

Entretien

La collection sera placée dans un endroit sec. mais pas en plein soleil ni auprès d'un appareil de chauffage, pour éviter que le couvercle des boîtes joue. En aucun cas, il ne faut 'es laisser séjourner dans un endroit ou contre un mur humide: elles risqueraient, presque à coup sûr, d'être envahis par la moisissure.

Pour protéger les papillons contre les insectes destructeurs (Anthrenus museorum Attagenes pellio Ptinus fur, Tineola biselliella, Atropos pulsatoria, etc.), on place, à l'intérieur des boîtes, un insectifuge: naphtaline, paradichlorobenzène (antimite), benzine phéniquée. etc. Les deux premiers sont solides (boules, plaquettes, cristaux) et se montent sur épingle ou se calent aisément dans les coins. On peut aussi les enfermer, à l'état de poudre ou de cristaux, dans un linge fin piqué avec une épingle. La benzine phéniquée s'emploie en petits tubes bouchés avec un tampon d'ouate ou bien en tampon d'ouate ou de feutre monté sur épingle et trempé. On peut associer, en solution, le paradichlorobenzène et la benzine phéniquée. L'odeur des produits précédents peut se masquer par l'adjonction de quelques gouttes d'essence de mirbane sur un tampon d'ouate ou dans un tube.

La collection doit être examinée de temps à autre pour vérifier son état de conservation, la réapprovisionner en insectituge et remédier sans retard aux dégâts éventuels.

L'attaque des parasites se décèle par la présence de leurs crottes, et de la poussière et des écailles qu'ils font tomber, Le ou les individus attaqués doivent être sortis et placés, pendant plusieurs jours, dans un grand pot à cyanure ou dans un récipient fermant bien ,contenant une forte dose de paradichlorobenzène. Ils doivent ensuite rester isolés quelque temps dans une boîte, avec un peu de paradichlorobenzène, avant d'être réintégrés en collection.

La moisissure forme sur les papillons un feutrage plus ou moins dense qu'on n'élimine jamais complètement, dans les cas graves, car le mycélium pénètre sous les écailles. On s'en débarrasse, au moins partiellement, de la manière suivante: bien faire sécher le papillon, puis le brosser doucement, dans le sens des écailles, avec un pinceau fin, souple, bien sec. S'il reste des traces trop visibles, y passer légèrement la pointe du pinceau trempé dans l'éther sulfurique. Ne pas trop insister pour ne pas enlever les écailles.

Arrangement

La disposition généralement adoptée consiste à aligner les papillons les uns au-dessus des autres, en lignes verticales rapprochées et parallèles, les individus de même sexe groupés ensemble. Les rangées ainsi constituées peuvent être séparées les unes des autres par des fils ou des cordonnets tendus par des épingles. Une étiquette fixée au fond de la boîte, au-dessous du dernier exemplaire d'une espèce, porte le nom de cette espèce. En tête de rangée, on placera une étiquette avec le nom du genre. De même, une étiquette avec le nom de la famille peut être mise en tête de celle-ci. Certains entomologistes ajoutent, à chaque individu, une étiquette de détermination portant le nom de l'espèce et l'indication du sexe. C'est une méthode excellente, mais employée surtout par les spécialistes.

Echanges

Comme il est. sinon impossible, du moins très difficile de capturer soi-même toutes les espèces, on a recours, pour combler les vides d'une collection, à des achats ou à des échanges entre collègues. Les échanges se font habituellement sur la base de la valeur commerciale relative des espèces.

Expéditions

Les papillons en papillotes s'expédient dans des boites quelconques,pourvu qu'elles soient assez solides pour supporter le voyage. Il suffit d'empiler les papillottes bien à plat et de les caler avec un peu d'ouate. Les papillons étalés ou piqués ne voyagent bien qu'au prix de certaines précautions. Ils doivent bien tenir sur le liège du fond de la boîte qui les contient. Ceux à corps volumineux seront maintenus par des épingles de chaque côté. Un corps qui se détache en route fonctionne comme un projectile et cause de grands dégâts. Pour limiter des accidents éventuels, il est bon de garnir le fond de la boîte d'une mince couche d'ouate, fixée d'une manière ou d'une autre (colle épingles, etc.). Il est également avantageux de coller, sur l'ouverture de la boîte, une feuille de cellophane qui permet à la Douane ou aux Postes d'examiner le contenu sans risque de casse. La boîte contenant les papillons préparés doit être placée dans une autre, plus grande, dans laquelle on la cale, sans trop serrer avec du coton, de la fibre de bois, etc. Il ne faut jamais faire voyager les papillons préparés sans ce double emballage. On ne doit jamais non plus laisser dans la première boîte de boule de naphtaline ou autre chose capable de se dépiquer et de causer des dommages.