Chasse

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La chasse se pratique de jour ou de nuit, avec des buts et des moyens différents.

Chasse de jour

Tous les Rhopalocères et les Hétérocères à vol diurne s'offrent, sans difficulté, aux coups du chasseur pendant la journée, de même qu'un certain nombre d'espèces à vol nocturne, s'envolant lorsqu'elles sont dérangées pendant leur sommeil.
Toutes ces espèces se capturent au filet ou au flacon à tuer. L'emploi du filet n'exige pas d'explication disons seulement que la poche doit en être sans trous et bien débarrassée des débris végétaux ou autres qui pourraient détériorer les ailes des papillons et qu'en l'utilisant on doit éviter de projeter son ombre sur l'insecte visé ou près de lui.
Lorsque celui-ci est capturé, on le cerne dans un pli et, si c'est une espèce d'assez forte taille, on profite d'un moment où il a les ailes relevées pour comprimer le thorax entre le pouce et l'index. Suffisamment forte mais pas trop, cette pression immobilise l'insecte, qu'on achève de tuer ou qu'on place, s'il y a lieu, en papillote. Les petits Rhopalocères (Lycénides, Hespérides) et la plupart des Hétérocères devient être introduits directement dans le flacon à cyanure.

On capture aussi, pendant le jour, nombre Hétérocères endormis sur des supports variés. Rochers, écorces d'arbres, tiges d'herbes, piquets, poteaux, barrières, dessous des chaperons des murs, etc. doivent être examinés et les papillons qu'on y aperçoit coiffés directement du flacon à cyanure ou du filet. celui-ci est indispensable pour les espèces farouches qui fuient dès qu'on les approche, telles que les Catocala.

Les papillons au repos sont toujours posés sur leur support du coté opposé au vent; ceux qui volent ou se posent pour butiner s'orientent contre le vent.
Les résultats de la chasse dépendent site choisi il y a de bonnes et de mauvaises localités , la richesse en espèces étant fonction de la diversité de la flore et d'une exposition favorable.

Les meilleurs endroits sont les lisières des bois, le bord des chemins herbeux qui les traversent, les clairières, les friches, les prairies, les talus herbeux des routes et des sentiers à travers champs, en un mot tous les endroits riches en plantes fleuries. On ne trouve presque rien dans le jour, sous les hautes futaies et dans l'épaisseur des bois touffu.
D'une manière générale, les terrains calcaires sont les plus richement espèces et les terrains granitiques les plus pauvres. Les meilleures expositions sont celles comprises entre le sud-est et l 'ouest.

Chasse de nuit

La plupart des Hétérocères seraient très difficiles a capturer s'ils n'étaient attirés par la lumière artificielle, autour de laquelle on les voit tournoyer souvent en très grand nombre. On utilise cette attraction pour les piéger soit au moyen de lampes fixes dans les lieux habités soit avec des lampes portatives, en s'attachant a obtenir une lumière aussi blanche et aussi intense que possible.
Les lampes fixes seront surtout des lampes électriques, placées de préférence le long de murs blancs, a l'extérieur ou a l'intérieur d'une pièce qu'on lassera ouverte sur la campagne. Les lampadaires des gares, des usines, des places et avenues sont assimilables a cette catégorie de pièges et devront être exploités chaque fois que ce sera possible.
Les lampes portatives, beaucoup plus employées et qu'on peut emmener et installer partout, sont celles a acétylène et à incandescence par l'alcool, le pétrole ou l'essence. Celles à acétylène ont l'avantage de ne comporter aucune partie fragile (injecteur et manchon) et d'utiliser un carburant facile à transporter et peu encombrant.
Quel que soit son modèle, la lampe portative peut être employée nue ou dans une cage de tissu léger (mousseline, tarlatane, calicot) tendu sur une monture métallique démontable, carrée, cylindrique ou sphérique. La lampe, dans ce cas, doit être solidement fixée à la base de la cage et celle-ci portera, a sa partie supérieure, un crochet permettant de la suspendre a des supports variés. Il y a également lieu de prévoir, dans le même but, l'adjonction d'un système à crochet pour la lampe nue.
On augmente l'attirance en posant la lampe sur une nappe de tissu blanc. On peut, en outre, dresser verticalement une autre nappe blanche, tendue sur des portants légers, de manière a former écran derrière la lampe. L'emploi d'un trépied, pour supporter la lumière a bonne hauteur, est parfois utile.
Quel que soit le dispositif adopté, il faut choisir, dans la journée, l'emplacement de la chasse nocturne. Cet emplacement devra dominer, de façon a éclairer un champ étendu le sol sera nivelé et débarrassé, assez largement, des obstacles gênants. Ne pas s'installer au sommet d'une pente, mais un peu au-dessous (sauf dans les cols de montagne). En forêt, les places favorables sont les lisières, les clairières, le bord des larges routes, les carrefours; en montagne, les pentes rocailleuses, ou herbeuses, ou faiblement boisées. Les meilleures expositions sont celles du secteur sud. Dans tous les cas, l'emplacement choisi doit être aussi abrité du vent que possible. La chasse peut commencer dès la fin du
crépuscule et se prolonger jusque vers 2 heures du matin. Les papillons, attires par la lampe, se capturent au filet ou au flacon a cyanure, suivant qu'ils tournoient' sans se poser, ou qu'ils se posent sur la nappe ou le tissu de la cage.
La chasse a la lampe pourrait se pratiquer toute l'année ; en fait, ce n'est qu' au printemps a l'automne par les nuits sans lune et sans grand vent, surtout par temps chaud, couvert et orageux, qu'elle donne les meilleurs résultats. L'abondance des récoltes qu'elle permet souvent de réaliser nécessite l'emploi de plusieurs flacons à cyanure et de plusieurs boîtes à piquer. il est parfois avantageux de conjuguer cette chasse avec la miellée . Habituellement, la chasse de nuit ne rend pas d'une manière régulière Même lorsque les conditions les plus favorables semblent réunies, l'arrivée des papillons se fait par vagues, séparées par des intervalles ou il ne vient rien. Ces alternatives résultent des variations, si fréquentes la nuit, des courants atmosphériques chauds ou froids et des heures de vol qui ne sont pas les mêmes pour toutes les espèces.

Chasse à la femelle

Chez beaucoup d'Hétérocères : Endromidae, Attacidae, Liparidae, Notodontidae, Lasiocampidae, Lemoniadae, etc., les femelles attirent les mâles de loin et on' utilise cette particularité pour obtenir ces derniers sans difficulté. Les femelles doivent être fraîchement écloses et vierges. On les pique, avec une épingle très fine, sur une plaque de liège recouverte d'un couvre-plat, ou on les met, plus simplement, dans une boite à riz. A la campagne, on peut se contenter de les placer, ainsi préparées, dans une pièce ouverte, mais il vaut mieux les transporter dans une localité ou' l'existence de l'espèce est connue ou suppose. Si l'époque et le temps sont favorables, les mâles ne tardent généralement pas à venir et sont capturés au filet. Suivant les espèces, cette chasse se pratique de jour ou de nuit.

Chasse aux appâts

Pour capturer les espèces qui se tiennent hors de la portée du filet, dans le jour, ou que la lumière n'attire pas, la nuit, on a recours a des appâts.
Parmi les Rhopalocères, les Limenitis et les Apatura, qui vivent de matières alcalines, seront attirés en disposant de place en place, au bord des routes forestières, des plaques composées d'un mélange de bouse, de crottin ou de crottes quelconques arrosées d'urine, ou bien de fromage très fermenté, de viandes putréfiées et autres produits fortement malodorants. Dans le Midi, le chsraxes jasuis est attiré par les mêmes appâts et par les fruits écrasés et fermentés. C'est surtout pour beaucoup d'Hétérocères que ce genre de chasse est nécessaire, le procédé le plus courant étant la , miellée .
La miellée se prépare en dissolvant, jusqu'à consistance sirupeuse épaisse, une matière sucrée (gros miel, cassonade, mélasse, etc. ) dans du cidre, de la bière ou, au pis aller, de l'eau. On laisse fermenter (pas trop ) et on préserve dans des vases en grès, en terre, en porcelaine ou en verre plutôt qu'en fer-blanc.

les deux façons les plus pratiques d’employer la miellée sont les suivantes

1
l'appliquer directement sur des supports naturels troncs d'arbres, poteaux, piquets, rochers, etc., en faisant, au moyen d'un pinceau, des bandes verticales parallèle, a bonne hauteur <1 mètre à 1 m. 50, du côté le mieux abrité du vent

2
lorsque le terrain est découvert et manque de supports convenables, tendre des cordes sur des piquets, en travers du vent, et suspendre a ces cordes des bandes de feutre, larges de deux doigts et longues d'une douzaine de centimètres, préalablement trempées dans la miellée et bien égouttées.

A ce dernier système se rattache l'emploi des pommes tapées >, dont on enfile quelques quartiers sur une ficelle, puis que l'on trempe dans la miellée et qu'on utilise, égouttées, comme les bandes de feutre.

Quelle que soit la méthode utilisée, l’appât de miellée doit être mis en place dans la journée pour avoir le temps de se ' ressuiez ». Les endroits miellés doivent être soigneusement marqués au moyen de repères visibles dans l'obscurité. Dés que celle-ci s'est établie, on peut commencer à visiter les appâts et continuer plusieurs fois par heure, jusque vers 2 heures du matin. On s'aide d'une petite lampe (électrique ou à acétylène) a lumière voilée de rouge ou de jaune. Beaucoup de papillons, occupés a sucer la miellée, restent immobiles et peuvent être capturés aisément a' la pince ou au flacon, mais d'autres se laissent tomber ou s'envolent dès qu'on approche. Il est donc nécessaire de se munir d’un filet pour ne pas laisser échapper les fuyards.

La miellée se pratique presque toute l'année elle est surtout productive au premier printemps et, après la grande floraison des plantes sauvages, de la fin de I 'été jus qu'en novembre,

Une miellé bien prépare dure plusieurs jours; il arrive souvent qu'elle ne commence a rendre qu'au bout de deux ou trois jours.

Récolte des chenilles

Un certain nombre de chenilles, surtout celles des Rhopalocères et des grands Hètérocères vivant a découvert, se chassent a la vue et se récoltent facilement. On en trouve beaucoup d'autres en chassant de jour Les adultes, principalement en battant au parapluie, mais la grande majorité doit être cherchée spécialement. En hiver et au printemps, on obtient bons résultats en secouant les feuilles sèches dans le parapluie, au fond duquel les secousses font se rassembler les chenilles. En toutes saisons, on examinera les rides des écorces, Les trous des rochers, le dessous des les pierres, le pied des murs, des arbres et des plantes touffues,
on soulèvera l'écorce des arbres morts. Certaines chenilles se cachent au milieu des touffes d'herbes qu'il faut arracher et secouer, d'autres vivent entre des feuilles accolées ou roulées, maintenues par des fils de soie. Cele-la doivent être recueillies et emportées dans leur abri, de même que celles qui vivent dans des fourreaux, dans les tiges ou les rameaux, et toutes celles de Micro-Hétérocères vivant en mineuses dans l'épaisseur des feuilles. Les chenilles qui ne mangent que la nuit se capturent au filet Fauchoir.

Récolte des chrysalides

On en trouve plus ou moins en chassant les papillons ou les chenilles et elles se rencontrent dans les mêmes conditions que ces derniers. C'est entre l'automne et le printemps qu'on en récolte le plus, en examinant les écorces et surtout en creusant la terre au pied des arbres, des murs et sous les pierres.