Phasmes

Les phasmes.

Les phasmes appartiennent au super-ordre des Orthoptéroïdes et sont des proches parents des sauterelles, mantes et autres blattes. Ils ont donc de nombreux points communs avec ces derniers tels que les mandibules de type broyeur, les ailes postérieures repliées en éventail sous des élytres plus coriaces. Les femelles sont aptères alors que les mâles peuvent être ailés chez certaines espèces. Ce sont des paurométaboles, c’est à dire que leur métamorphose est incomplète, les jeunes ressemblant aux adultes.

Environ 2000 espèces ont actuellement été décrites dont seulement 3 vivent en France. Cependant, on ne compte que 150 à 200 espèces en élevage.

Les phasmes sont connus pour leur mimétisme. Leur couleur varie du brun au vert et sont de morphologie très variable. La plupart des espèces ressemble à des bâtons pouvant parfois atteindre 40 cm (Achrioptera sp). D’autres sont dites « épineux » (Hétéroptérix dilatata,...). Enfin, les phyllies poussent l’homotypie et l’homochromie à l’extrême en ayant l’apparence d’une feuille.

Cette capacité à se confondre avec le milieu est leur principal moyen de défense. De ce fait, les phasmes sont généralement actifs la nuit. Durant la journée, ils restent immobiles parmi le feuillage pour échapper aux prédateurs. Seules quelques espèces disposent d’autres moyens et en particulier « d’armes chimiques ». Ils sont ainsi capables de projeter un liquide répulsif très odoriférant. C’est le cas notamment pour Oreophoetes peruana qui en plus de ce liquide arbore une couleur vive en guise d’avertissement.

La reproduction peut être sexuée ou parthénogénétique. En effet, chez certaines espèces telle que Carausius morosus, les mâles sont très rares voire inconnus en élevage. Dans ce cas, la reproduction est parthénogénétique, les jeunes se développant à partir d’œufs non fécondés.

Pour la majorité des espèces, l’élevage ne pose pas de problème pourvu qu’on prenne le temps de s’en occuper et qu’on respecte des règles strictes en matière d’entretien et de suivi des élevages (propreté, nourriture, humidité, température,...).

Bien souvent, l’élevage des phasmes débute par l’acquisition de quelques œufs. Ces œufs doivent donc être placés dans un milieu favorable pour leur incubation.

Deux cas sont possibles :

la femelle laisse tomber les œufs au sol. Dans ce cas, ils sont placés dans une boîte aérée transparente pour respecter la photopériode et pour qu’on puisse voir les éclosions. Le fond est recouvert de sable humide sur lequel on dispose de la gaze. Puis, les œufs sont éparpillés sur celle-ci. Ainsi, les œufs ne sont pas mouillés. La plupart des espèces étant tropicales, l’humidité doit être élevée. Pour cela, le sable doit être en permanence mouillé.

la femelle enterre ses œufs. On utilise le même type de boîte mais on remplace le sable par de la tourbe (faire attention à ce que le Ph ne soit pas trop acide). Les œufs sont enterrés et le substrat est vaporisé régulièrement. Toutefois, la tourbe doit être humide et non mouillée.

Le temps d’incubation des œufs est très variable selon les espèces, de 4 à 12 voire 15 mois. Le nombre d’œufs est également variable. Certaines espèces sont prolifiques et peuvent pondre près de 300 œufs, d’autres n’en pondent que quelques dizaines.

Vient ensuite le moment tant attendu des naissances. Les jeunes sont transférés dans une enceinte (cage, vivarium,...) dans laquelle sera disposée la nourriture. Il s’agit le plus souvent de ronce mais certaines espèces préfèrent le lierre ou le chêne. Le ramassage du feuillage se fait à la campagne en évitant les endroits qui peuvent être pollués tels que les bords de route ou les champs cultivés. Il est ensuite lavé afin de retirer les éventuels parasites ou prédateurs. Les branches sont placées dans un bocal d’eau dont l’ouverture est bouchée par du coton pour éviter que les insectes ne se noient.

Les phasmes sont des insectes qui boivent beaucoup ce qui nécessite une atmosphère humide (50 à 90%). Il faut donc vaporiser régulièrement le feuillage. Lorsqu’ils sont jeunes, on peut vaporiser assez loin de la cage ou vers le haut pour que l’eau retombe en fines gouttelettes. Si les feuilles ou les parois de la cage sont trop mouillées, les jeunes peuvent rester collés et se noyer. La nourriture est changée une fois par semaine (plus si l’humidité n’est pas suffisante et que le feuillage fane). On retire alors tous les insectes avec précaution car ils perdent facilement leurs pattes et en prenant soin de ne pas en oublier sous les feuilles. Pour cela il est utile de les compter. Les jeunes muent en moyenne 6 à 7 fois. Leur croissance se fait sur 6 à 10 mois, 12 à 18 pour certaines espèces de grandes tailles.

Au cours de leur croissance, on veillera à placer les insectes dans une cage suffisamment grande en fonction de leur taille et du nombre pour que les mues s’effectuent dans de bonnes conditions (éviter les malformations). Une fois passés les deux ou trois premiers stades, l’arrosage peut être abondant.

L’élevage des adultes ne diffère pas des jeunes. La nourriture et l’hygrométrie ne changent pas. La cage doit être adaptée à l’espèce élevée. Pour les espèces qui laissent tomber leurs œufs, le fond est tapissé de sable. Les œufs peuvent être ramassés chaque semaine et placés dans des boîtes à incubation. Pour les espèces qui pondent dans le sol, le fond est recouvert de tourbe que l’on tamisera régulièrement pour ramasser les œufs. La température est maintenue entre 20 et 25°C.