Phyllium bioculatum

Fiche d’élevage.

Phyllium bioculatum Gray.

Classification.
Sous-ordre : Areolatae
Famille : Phylliidae

Origine.
Java

Description et élevage.
Les mâles sont vert clair sur la face dorsale et vert sombre sur la face ventrale. Ils présentent deux petites zones transparentes sur le 4ème segment abdominal. Le limbe et l’abdomen sont très aplatis. Les pattes avants sont les plus développées, vertes avec un liseré brun. Les autres pattes sont de couleur brune. Les antennes mesurent 25-30 mm et sont recouvertes de poils très fins. Ils sont ailés. Celles-ci sont transparentes avec les nervures marron et sont longues de 40 mm. Une fois adulte, le mâle mesure environ 60 mm.

Les femelles sont très larges et ressemblent à s’y méprendre à une feuille. Elles peuvent atteindre 70-80 mm de la tête à l’extrémité de l’abdomen avec une largeur de 40-45 mm pour ce dernier. Les antennes sont très courtes, environ 5 mm avec des segments parfaitement distincts. Elles ont de longues élytres (40 mm). La couleur est habituellement verte comme les mâles.

Toutefois, la couleur de ces insectes est très variable en fonction du milieu et de l’âge de l’insecte. Ainsi, lors d’une génération, j’ai élevé cette espèce sur du chêne. Les individus étaient alors verts. Cependant, arrivé à l’automne, le chêne a perdu ses feuilles et je ne savais plus quelle nourriture leur donner. Après avoir essayé diverses plantes et notamment la ronce sans succès, j’ai tenté le mûrier. Par chance, ils l’ont accepté. A l’automne, les feuilles de mûrier jaunissent mais tombent plus tard.

Mes phyllies sont donc devenues progressivement jaunes allant jusqu’à copier les marques de nécrose des feuilles.

Les oeufs ont une forme bien spécifique. Longs de 6-7 mm, ils sont bruns en étoile avec sur chaque face de petits trous et un supplémentaire sur le « fond ». A l’opposé, l’opercule est une petite pointe. La femelle peut pondre 4-5 oeufs par semaine sur plusieurs mois. Les oeufs sont récoltés et placés dans une boîte aérée, de type boîte de chasse sur du papier sopalin humide. L’incubation est d’environ 6 mois.

A la naissance, les jeunes sont rouges et très actifs. Ils mesurent environ 15 mm, l’abdomen recourbé, et ressemblent à l’adulte en miniature. Ils ne commencent à manger qu’après plusieurs heures. Afin de faciliter l’alimentation, je découpe généralement les feuilles pour que les insectes attaquent le coeur. Je les conserve dans le même type de boîte que pour l’incubation avec également du papier sopalin sur le fond. De plus, pour ne pas risquer de noyer les jeunes par un excès d’eau, je vaporise vers le haut. L’eau retombe ainsi en fines gouttelettes.

Après quelques jours, les phyllies prennent une couleur brune puis verte avant d’effectuer leur première mue. Passé le premier stade, elles sont moins fragiles. Elles sont généralement actives la nuit. Durant la journée, elles restent immobiles, l’abdomen toujours recourbé.

Les mâles sont matures après 6 à 7 mois bien avant les femelles qui demandent 2 à 3 mois de plus. Cette différence de croissance est souvent un problème en élevage. En effet, cette espèce est très peu parthénogénétique. Les mâles sont donc adultes plus vite que les femelles mais ont une durée de vie très courte. Ainsi, il est parfois difficile d’avoir des adultes des deux sexes matures en même temps et donc d’avoir des accouplements. D’où l’importance d’avoir un grand nombre d’insectes à des stades différents.

L’élevage des phyllies est réputé pour être difficile. Elles n’acceptent pas toujours la ronce au premier stade. On peut alors leur donner du chêne rouge (très courant en agglomération). Le problème est que le chêne perd ses feuilles. L’idéal est donc de faire pousser de jeunes plants afin de pallier le manque de nourriture. L’avantage est qu’on mettra une plante en pot dans la cage. Par la suite, on mélangera chêne et ronce pour les habituer au changement de nourriture. L’humidité doit être proche de 80%, pour cela on vaporisera régulièrement, au moins une fois par jour. La température est maintenue au alentour de 25°C. Enfin, la cage doit être d’une grande propreté et la nourriture renouvelée dés les premiers signes de fatigue.

Nourriture : ronce, chêne rouge d’amérique (Quercus rubra), chêne (Quercus robur), mûrier, aubépine, pyracantha, goyavier.